CLÉMENT BEDEL
On the other side of the Sea
                                                                  
 

De l’autre coté de la mer, perdu à l’horizon, au-delà de notre portée et pourtant sous notre influence ; cette série de peintures invite le spectateur dans un espace-temps singulier et parallèle, au-delà du contemplatif, dessinant un univers qui n’est pas post-apocalyptique mais fait état de notre empreinte sur terre à l’Ère de l’Anthropocène.

  À travers ce prisme onirique de la réalité, je crée un monde sensible, un flux créateur qui se meut et se matérialise de façon déroutante créant des formes hybrides, un univers rhizomique, opposé à la hiérarchie pyramidale d’après la théorie de Gilles Deleuze et Félix Guattari.
Les figures présentes dans ces toiles, anonymes réceptacles du ‘’Weltschmertz’’, terme crée par les romantiques allemands désignant le sentiment d’impuissance et de désarroi face à l’état du monde, sont un exemple de ces priorités multiples.  En effet, elles ne sont jamais le point de focus premier, au contraire elles tendent à se confondre avec les éléments de la composition.
Ces éléments, espaces ou végétaux, choisis pour leur symbolique ou leur résilience, cohabitent avec les déchets plastiques qui dressant ici dans l’espace, inondant la surface, avalant le monde. Dans bien des paysages les décharges ont remplacées la nature, elles sont désormais les montagnes, les courbes, elles se meuvent au gré du vent. Le plastique ou l’absence de vie devient alors paradoxalement organique, entrant en fusion et s’entrelaçant avec la flore, ne devenant qu’une seule et même entité. Ce nouvel être d’une beauté insoupçonnée est à chaque instant dans une lutte intestine silencieuse, à l’échelle microscopique et de façon globale. Ces deux amants, la vie et l’absence de vie sont alors enlacés dans l’autodestruction.

Cette série tente d’atteindre à travers ces éléments et son traitement pictural ce moment intemporel, un certain calme, une plenitude et un silence, juste après la fin, et à partir de cet instant précis, un futur fragile mais vivant, composé de formes organiques dérivés de la nature, celles qui, dépourvues de conscience, ont été capables de survivre.


                                                                                                                            Clément Bedel - Janvier 2020



On the other side of the Sea


     On the other side of the sea, further than our sight can go, beyond our reach but yet under our influence. This project invites the spectator in a state of a different kind, beyond contemplative, engaging him into a deeper stage of our worldwide passive dream in which humanity is unable to help itself.

      By creating a dreamlike prism of reality Clement is displaying a sensible world that moves and dematerialises in a fantastic and bewildering way, creating hybrid shapes, a rhizomic universe: the opposite of a pyramidal hierarchy according to Gilles Deleuze and Félix Guattari’s theory. Here, priorities are multiple, the architecture and the abyssal depths are merging; gravity, perspective and scales are often altered.

      Those environments, ruined, polluted landscapes made of dark shades and earth tons are depicting our time. Not post-apocalyptic, but contemporary proof of our trace in the world at the anthropocene era, which are our leftovers, not corporeal or immaterial but plastic and rubbish, questioning our existential point, raising awareness on the consequences of mass consumerism on our surroundings.
This serie attempt to touch that timeless moment, that calm, plenitude and silence right after the end, and from there on, a future not so lost but born anew with the presence of organic forms derived from nature, those without a consciousness that have been able to survive.Growing against all odds, this diversity, not irretrievably lost but in danger, out-numbered but persistent is representing a glimmer of hope, an open window for a possible tomorrow to imagine.

      The oneiric journey that this project invites the spectator in is therefore not a depiction of fatality. It is a rhizomic prism of reality, presenting an hybrid world aspiring to be a key that help us reflect on our lives.



Clément Bedel - October 2019