CLÉMENT BEDEL
       

 Shimmering Through Reality



La série «Shimmering through reality» initiée en 2017 présente de grands environnements immersifs composés d’architectures modernes ruinées, abandonnées, envahies par la végétation.
Il est important pour ma pratique de faire l’expérience physique de ces espaces avant de les réaliser en peinture, de vivre pendant un instant dans le paysage afin de mieux le remodeler pour qu’il n’appartienne plus à aucune réalité physique existante .

Alors la juxtaposition des éléments, le traitement pictural des matières créent des structures et des espaces hybrides, un univers rhizomique, s’opposant à la hiérarchie pyramidale d’après la théorie de Gilles Deleuze et Félix Guattari. Ainsi les priorités sont multiples, les textures sont trompeuses et ambiguës: une chute d’eau peut s’apparenter à un drapé, les architectures se confondent en profondeurs abyssales, la gravité et les échelles sont parfois altérées. Ces environnements impossibles, ces paysages ruinés aux tons sombres dessinent un univers qui n’est pas post-apocalyptique mais fait état de notre empreinte sur terre, non pas organique ou immatérielle mais composée de ruines et de décharges.

Les personnages occupants ces espaces sont le reflet, les victimes de ces environnements. Porteurs du «Weltshmertz», ils sont seuls tels des ombres qui dans un impossible équilibre entre pétrification et chute sont d’une passivité brisante et silencieuse. Cependant, il ne faudrait pas avoir une lecture trop hâtive de ces peintures et y voir le simple reflet d’une désolation dystopique face au monde. La nature et les couleurs sont toujours présentes, en infériorité certes mais poussant malgré tout, bataillant pour leur survie.

Cette nature colorée représente une lumière d’espoir, une fenêtre ouverte sur un lendemain à imaginer où la diversité n’est pas irrémédiablement perdue. Ce voyage dans lequel le spectateur est invité n’est donc pas la représentation d’une fatalité mais une clé de lecture de notre futur ou se mêlent passé, présent et possible, drame et comédie, lenteur et instabilité. Enfin ces peintures présentent des rêves gris mais lucides, un prisme rhizomique de la réalité où tout est en équilibre fragile.


                                                                                                                        Clément Bedel - 2019





      Shimmering Through Reality



The «Shimmering Through Reality» project will include a series of large paintings aspiring to invite the visitor to to immerse himself in an oneiric time and space.

The selected art pieces all share common aesthetics and are a display of figurative and narrative environments. Once painted on large canvases these landscapes don’t belong to any physical reality anymore. The dithering of elements, the change of the form and functions, are creating hybrid shapes, a rhizomic universe( the opposite of a pyramidal hierarchy according to Gilles Deleuze and Félix Guattari’s theory). Therefore priorities are multiple, the architecture and the abyssal depths are merging; gravity, perspective and scales are often altered. Those environments, ruined, polluted landscapes made of dark shades and earth tons are de-picting our time. Not post-apocalyptic, but contemporary proof of our trace in the world, which are our leftovers, not corporeal or immaterial but plastic and rubbish, questioning our existential point, raising awareness on the consequences of surconsumerism on our surroundings.

The occupants of these landscapes are, in their German romantic passivity the recipient of the Weltschmertz, word used to express the feeling of one carrying on himself the weight of the world. Seemingly dystopian these paintings shouldn’t be analyzed to hastily. Nature and colors are always present, growing against all odds, fighting for survival. Out-numbered but persistent they are representing a glimmer of hope, an open window for a possible tomorrow to imagine where diversity is not irretrievably lost. The oneiric journey that this project invites the spectator in is therefore not a depiction of fatality. It is a rhizomic prism of reality, presenting an hybrid world aspiring to be a key that help us reflect on our lives.

                                                                                                           
Clément Bedel - 2019